Malheur au pays dont la littérature est menacée par l’intervention du pouvoir !
Car il ne s’agit plus là seulement d’une violation du «droit d’écrire», c’est l’étouffement du coeur d’une nation, la destruction de sa mémoire.

Alexandre Issaïvitch Soljenitsyne

lundi 6 mai 2013

Les sujets spéciaux - Décrire une chose






1/ Lire un texte d’écrivain


La maison paternelle

On entre d’abord dans un corridor large et bien éclairé. A gauche est la cuisine dont la porte, toujours ouverte, laisse apercevoir une longue table de chêne entourée de bancs. A droite, se trouve la salle à manger. Rien ne la décore qu’une table de sapin, quelques chaises et un vieux buffet à compartiments. Un escalier mène à l’étage unique ou les chambres ouvrent sur des corridors obscurs.

A. Lamartine





2/ Découvrir l’idée générale

L’ensemble du texte donne l’impression de simplicité. Rien ne décore la salle à manger qu’une table de sapin, quelques chaises, un vieux buffet. Un escalier mène à l’étage unique.


Pour décrire une chose, cherchez les termes qui peignent le mieux l’impression que vous avez ressenti en observant : simplicité, beauté, pauvreté, richesse, grandeur, laideur, etc...

exemple :

Maison abandonnée

La façade était enduite d’un crépi rosâtre, lézardé, rouge de salpêtre, percé de fenêtres sans volets, dont les vitres poussiéreuses semblaient celles d’un logis abandonné. La maison était séparée de la rue par une cour étroite, ceinte de murs et pleine de détritus, de ferrailles, de gravas, entre lesquels un gros sureau avait poussé. La grille d’entrée n’existait plus. (R. Martin du Gard)




* pauvreté : 

«Nous n’avions qu’une seule chambre. On y mangeait. On y dormait. On y travaillait. Même certains soirs on y recevait des amis.» (A. France)


* construction géante :

«L’immeuble de trois cent soixante dix neuf mètres de haut a coûté trente-cinq millions de dollars. Ses quatre-vingts six étages abritent toute la journée dix-huit mille personnes. Entre six heures du matin et vingt heures, plus de cinquante mille personne en moyenne empruntent les ascenseurs du gratte-ciel.» (Demangeon et Weiler)


* maison accueillante :

«La petite chambre du premier étage avait un aspect gai et hospitalier. Les murs étaient blanchis à la chaux, les chaises, la table étaient en bois de chêne ciré. Un bon feu de souches pétillait dans la cheminée de pierre.» (A. Theuriet)


* maison agréable :

«On suivait une allée dont la courbe avait beaucoup de grâce. Cette allée était bordée d’arbres sous lesquels se trouvaient les fleurs du printemps... Devant la maison s’étendait une vaste pelouse.»




3/ Une description doit être précise

La description de la maison permet de l’imaginer, de connaître la disposition exacte des pièces. On pourrait facilement en tracer le plan. 


«On entre dans un corridor. A gauche est la cuisine. A droite se trouve la salle à manger. Un escalier mène à l’étage.»



Par une observation exacte, par la précision des termes employés, décrire une chose telle qu’elle existe.

exemples :

«La salle était basse de plafond, mais vaste. Une énorme poutre la traversait de part en part. La cheminée était immense.» (P. Lebois)


«Ah ! Si tu la voyais maintenant, notre maison, toute passée au lait de chaux et luisante de loin, dans les figuiers, avec ses murs blancs et ses tuiles neuves !» (P. Arène)


«Autour des murs, il avait fallu ranger deux lits, une table, deux armoires, un buffet, le tréteau du fourneau à gaz, accrocher les casseroles, les photographies de famille.» (A. France)


«La salle tenait toute la maison, sauf un petit cellier où l’on descendait par trois marches et qui servait aussi de laiterie. Au milieu du carrelage de briques, la table s’allongeait massive avec deux ou trois chaises et quelques escabeaux autour. Les autres meubles étaient poussés contre les murs chaulés.» (M. Genevoix)




4/ Adopter une tournure de phrase qui rend le récit moins monotone.

Pour varier la description, inverser la phrase.

«Derrière la porte, à gauche, se cachait le fourneau de fonte, et sur la table, se trouvaient cinq ou six petits gobelets et la cruche de grès à fleurs bleues.» (Erckmann-Chatrian)


«Devant la maison, s’étendait une vaste pelouse, tondue comme les gazons anglais et presque nue. Seule y courait une bande de leurs violettes.» (A. Maurois)





5/ Essayer d’employer un langage pittoresque.


«Les grenouilles se posent, presse-papiers de bronze, sur les larges feuilles du nénuphar.» (J. Renard)


«Par-dessus les collines, les trains poursuivent une stridente conversation à coups de sifflets.» (G. Duhamel)


«C’étaient des mannequins de boue qui défilaient godillots de boue, cuissards de boue, capotes de boue et les bidons pareils à des blocs d’argile.» 


«La batteuse avalait, frémissait, crachait une grosse fumée noire et broyait les gerbes dont, par un autre côté, on la gavait.»


«La girafe qui montre sa tête au bout d’une pique, les flamans qui marchent sur des pincettes et le pélican qui tient son bec comme un sabre de bois.» (J. Renard)









EXERCICES


1/ En quelques phrases simples, décrivez l’extérieur d’une maison que vous avez observée. Choisissez les termes qui montrent que la maison est bien entretenue.


2/ Même exercice que le (1/) sur le sujet : une vieille maison.


3/ Même exercice que le (1/) sur le sujet : une maison neuve.


4/ Même exercice que le (1/) sur le sujet : une maison tombant en ruine.


5/ En quelques phrases, décrivez l’intérieur d’une maison que vous avez observée en choisissant les termes qui montrent que la maison est bien éclairée, bien aérée.


6/ Rédigez une phrase montrant un jardin sous chacun des aspects suivants :

Un jardin bien entretenu.
Un jardin délaissé.
Un jardin après la grêle.
Un jardin au printemps, en automne, en hiver.



7/ Modifiez les phrases suivantes en plaçant en tête le complément de lieu et le ou les sujets après le verbe.

exemple : Sur l’étage supérieur du buffet s’alignent.....


Des pots de confiture s’alignent sur l’étage supérieur du buffet.

La vaisselle sale s’empile dans un coin de la cuisine.

Un journal traîne sur le carrelage.

Une petite maison blanche entourée de grands peupliers surgit au détour du chemin.

Une pelouse toujours bien entretenue s’étend devant la maison.

Une treille s’étale sur la façade.

Deux sapins magnifiques se dressent de chaque côté de l’entrée.

Des fagots, des caisses, des bûches s’entassent pêle-mêle dans la remise.




Rédactions :

1/ Il est un coin de la maison ou vous aimez vous retirez. Décrivez cet endroit. Montrez ce qui vous le fait préférer aux autres. Racontez les bons moments que vous passez dans ce lieu favori.


2/ Décrivez la maison ou vous habitez en rédigeant quatre paragraphes. Chacun de ses paragraphes la présentera à l’une des saisons de l’année.


3/ Supposez que vous ayez la possibilité de choisir la maison que vous voudriez habiter. Comment la désireriez-vous : habitation principale, dépendances, jardin ? Décrivez cette maison, que vous voudriez pratique, saine et agréable.