vendredi 10 mars 2017

Mot variable - L'article (ou déterminant)



L'article est un mot qui se place devant les noms pour indiquer qu'ils sont pris dans un sens défini, indéfini ou partitif.

L'article s'accorde toujours en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

Il y a trois sortes d'articles :

- l'article défini,
- l'article indéfini,
- l'article partitif.



Articles définis

Les articles définis se mettent devant les noms dont le sens est déterminé, défini :

Le chien du berger.


Les articles définis sont : le, la, les  ; au, aux, du, des.


Le, pour le masculin singulier : le ciel.

La, pour le féminin singulier : la terre.

Les, pour le pluriel des deux genres : les airs, les eaux.




Article défini élidé

On élide les articles définis, le, la, devant tout mot commençant par une voyelle ou un h muet. 

Ainsi, au lieu d'écrire et de prononcer : 
le oiseau, la histoire, la amitié, 

on écrit et on prononce : 
l'oiseau, l'histoire, l'amitié.



Article défini contracté

Les articles contratés sont formés par la réunion des articles définis, le, les avec les prépositions à, de.

Les articles définis contratés sont :

au : mis pour à le,

aux : mis pour à les.

du : mis pour de le.

des : mis pour de les.


On contracte l'article :

1/ devant les mots pluriels : aux amis, des villes.

2/ Devant un mot masculin singulier commençant par une consonne ou un h aspiré : du village, au hameau.




Articles indéfinis


Les articles indéfinis se mettent devant les noms dont le sens est vague, général, indéfini : la rose est une fleur.

Les articles indéfinis sont :

un : pour le masculin singulier : un bouquet.

une : pour le féminin singulier : une fleur.

des : pour le pluriel des deux genres  : des arbres, des roses.

Remarque : 
des, est article défini quant il est le pluriel de du
il est article indéfini quand il est pluriel de un, une.




Articles partitifs


Les articles contractés du, des et le groupe de la sont dits partitifs, parce qu'ils se placent devant les noms qui ne désignent qu'une partie d'un tout : 

j'ai mangé du beurre, de la crème, des fruits.


Si le nom est précédé d'un adjectif, on emploie de au lieu de du, de la, des

j'ai mangé de bon beurre, de bonne crème, de bons fruits.


Remarque

Cependant, si l'adjectif et le nom sont liés de manière à former une sorte de nom composé, comme jeunes gens, petits pois, bas-relief etc...., on met du, de la, des, et non de

j'ai mangé des petits pois.




vendredi 6 janvier 2017

Le Lion et le Moucheron (J. de La Fontaine) - Musique A. Bamoravi






Le Lion et le Moucheron

"Va-t'en, chétif insecte, excrément de la terre! "
C'est en ces mots que le Lion
Parlait un jour au Moucheron.
L'autre lui déclara la guerre.
"Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi
Me fasse peur ni me soucie ?
Un boeuf est plus puissant que toi :
Je le mène à ma fantaisie. "
A peine il achevait ces mots
Que lui-même il sonna la charge,
Fut le Trompette et le Héros.
Dans l'abord il se met au large ;
Puis prend son temps, fond sur le cou
Du Lion, qu'il rend presque fou.
Le quadrupède écume, et son oeil étincelle ;
Il rugit ; on se cache, on tremble à l'environ ;
Et cette alarme universelle
Est l'ouvrage d'un Moucheron.
Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle :
Tantôt pique l'échine, et tantôt le museau,
Tantôt entre au fond du naseau.
La rage alors se trouve à son faîte montée.
L'invisible ennemi triomphe, et rit de voir
Qu'il n'est griffe ni dent en la bête irritée
Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
Le malheureux Lion se déchire lui-même,
Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs,
Bat l'air, qui n'en peut mais ; et sa fureur extrême
Le fatigue, l'abat : le voilà sur les dents.
L'insecte du combat se retire avec gloire :
Comme il sonna la charge, il sonne la victoire,
Va partout l'annoncer, et rencontre en chemin
L'embuscade d'une araignée ;
Il y rencontre aussi sa fin.

Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J'en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire,
Qui périt pour la moindre affaire.


Jean de La Fontaine




mardi 3 janvier 2017

Mot variable - Le Nom : Analyse du nom



Pour analyser le nom, on en indique  :

1/ L'espèce : c'est-à-dire s'il est propre ou commun.

2/ Le genre : s'il est du masculin ou du féminin.

3/ le nombre : s'il est du singulier ou du pluriel.

4/ La fonction : c'est-à-dire s'il est sujet, attribut ou complément, ou s'il est mis en apostrophe.



Exemple :           Le drapeau flotte.

Drapeau : nom commun, masculin, singulier, sujet de flotte.






Complément du nom


Le complément du nom est le mot qui complète la signification de ce nom.

Le complément d'un nom est généralement joint à ce nom par un article contracté ou par un des mots a, de, en par, pour, sans etc..., qu'on appelle préposition.

Le nom a deux sortes de compléments : le complément déterminatif et le complément explicatif.


Complément déterminatif.

On appelle complément déterminatif tout mot qui fixe, qui précise la signification du nom.

Exemple : L'odeur de la rose est agréable.

Rose est complément déterminatif du nom odeur.


Le complément déterminatif est nécessaire à la phrase ; on peut le retrancher sans en dénaturer le sens.



Complément explicatif.

On appelle complément explicatif tout nom qui développe le sens du nom sans en changer la signification.

Exemple : Le fer, métal précieux, est tiré de la terre.

Métal est complément explicatif de fer.

On peut supprimer les compléments explicatifs sans nuire au sens de la phrase.

Exemple : Le fer est tiré de la terre.



Remarques :

Le nom peut avoir un troisième complément, qu'on appelle apposition. L'apposition d'un nom est un mot qui placé à côté de ce nom, n'exprime avec lui qu'une seule et même personne, une seule et même chose.

Exemple : Capitaine Renard, le roi Henri.

Renard est apposition de capitaine. 

Henri est apposition de roi.



Un nom est mis en apostrophe quand il sert à nommer la personne ou la chose à laquelle on s'adresse.

Exemple : Soldat, défends ta patrie.

Soldat est un nom mis en apostrophe.




jeudi 29 décembre 2016

Mots variables - Noms composés



Les mots qui peuvent entrer dans la formation d'un nom composé sont :


- l'adjectif,

- le verbe,
- la préposition,
- l'adverbe.



Formation du pluriel dans les noms composés :

Le nom et l'adjectif peuvent seuls prendre la marque du pluriel.

un chou-fleur - des choux-fleurs
un coffre-fort - des coffres-forts



Si le nom est formé de deux noms liés par une préposition, le premier seul prend la marque du pluriel.

un chef-d'oeuvre - des chefs-d'oeuvre
un arc-en-ciel - des arcs-en-ciel


Cependant on écrit des coq-à-l'âne (des discours sans suite où l'on passe du coq à l'âne).

Il arrive quelquefois que la préposition est sous-entendue ; ainsi, hôtel-Dieu, fête-Dieu, sont mis pour hôtel de Dieu, fête de Dieu et font au pluriel des hôtels-Dieu et des fêtes-Dieu.


Le verbe, la préposition et l'adverbe restent toujours invariables

un passe-partout - des passe-partout
un avant-coureur - des avant-coureurs


Observation générale :

En dehors de ces règles, pour savoir s'il faut faire usage du singulier ou du pluriel, il est indispensable de consulter le sens du nom composé, d'en faire l'analyse.

Un ou des essuie-mains (pour essuyer les mains).

Un ou des couvre-pieds (pour couvrir les pieds).

Un ou des cure-dents (pour curer les dents).

Un ou des réveille-matin (pour réveiller le matin).

Un ou des serre-tête (pour serrer la tête).

etc....








mardi 20 décembre 2016

Mots invariables - Noms tirés des langues étangères




Certains substantifs ne s'emploient qu'au singulier : la paresse, l'innocence, le manger, le boire, le dormir, etc...

D'autres, au contraire, ne s'emploient qu'au pluriel : les annales, les funérailles, les entrailles, les matériaux, les armoiries etc....

Les mots invariables de leur nature employés accidentellement comme noms ne prennent pas la marque du pluriel : les quatre, les pourquoi, les on-dit, les oui, les non, etc....

Les noms tirés des langues étrangères prennent en général la marque du pluriel : des opéras, des albums; des accessits, des pianos, des agendas, des bravos, etc...



Mais on écrit sans "s" :

1/ Les noms formés de plusieurs mots étrangers : des in-octavo, des ecce homo, des post-scriptum, etc...

2/ Les noms latins des prières : des pater, des avé, des credo, des amen, etc...




Nota : Certains mots peu usités ayant conservé leur physionomie, étrangère ne prennent pas d's : des duplicata, des exeat, des exequatur, des quatuor, des satisfecit, des veto, etc....

Maximum, minimum, desideratum, erratum, conservent au pluriel leur forme latine : les maxima, les minima, les desiderata, les errata.







jeudi 24 novembre 2016

Pluriel des noms propres



Les noms propres employés au pluriel n'en prennent pas la marque s'ils désignent les personnes mêmes que l'on cite :

Les deux Corneille sont nés à Rouen.

Les Bossuet, les Racine, les La Fontaine vivaient sous Louis XIV.









Un nom propre désignant un ouvrage ne prend pas non plus la marque du pluriel :

J'ai acheté deux Larousse.





mercredi 3 juin 2015

Un petit chef d'œuvre de drôlerie animale concocté par Jean d'Ormesson. (Le français ? Une langue animale...)



 

 

Le français ? Une langue animale...



 «Myope comme une taupe», «rusé comme un renard» «serrés comme des sardines»... les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.


La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à  votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là, ... pas un chat! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

 Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié: cette poule a du chien, une vraie panthère! C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

 Vous êtes prêt à  gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive. Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi! Et vous, vous êtes fait comme un rat.

 Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à  l'âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l'envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

 Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

 Et puis, cela aurait servi à  quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons: vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à fouetter.